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Plan d’action pour vivre dans un environnement sans violence
Entrevue avec Mme Roxane Cournoyer, directrice de l’École Sacré-Coeur
20 novembre 2008

Connue, voire reconnue depuis plusieurs années pour ses actions afin de vivre dans un environnement sans violence, l’École Sacré-Coeur de La Pocatière franchit une nouvelle étape. Elle a mis en place un plan d’action des plus novateurs, et ce, de concert avec Edupax, un organisme à but non lucratif spécialisé en prévention de la violence. Différentes actions seront menées au cours de l’année scolaire 2008-2009 par la direction, le personnel et les parents.

Pour en savoir davantage, nous avons rencontré la directrice de l’école, Mme Roxane Cournoyer.

Parlez-nous du plan d’action pour l’année en cours ?

Le plan d’action s’inscrit dans le cadre du programme dévoilé en avril dernier par la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), Mme Courchesne. Il s’appuie sur le portrait de situation de la violence, lequel a été brossé à partir des réponses à un sondage mené auprès des élèves de quatrième, cinquième et sixième années. Il cible les formes de violence jugées prioritaires, c’est-à-dire plus fréquentes et plus graves. Les réponses des enfants ont été compilées par les parents membres de l’organisme de participation des parents (OPP).

Le plan d’action proposé aux parents a été conçu par Edupax. Il s’inspire d’un plan similaire expérimenté il y a deux ans dans des écoles de la région de Saint-Pacôme et de Rivière-Ouelle. Le programme Edupax existe depuis 2003. L’évaluation de ce programme de prévention par les parents, le personnel et les élèves a incité d’autres établissements à l’expérimenter à leur tour. Depuis 2003, près d’une centaine d’écoles l’ont fait.

Ce plan implique qui ?

Fort exigeant, le plan d’action implique l’engagement des parents et du personnel de façon concertée sur plusieurs mois. Tout au long de l’année scolaire, des activités scolaires et parascolaires seront réalisées, toutes axées sur le développement de trois compétences chez les enfants : la capacité d’exprimer des émotions et des sentiments, le sens critique face aux messages transmis par le petit écran, l’empathie, i.e. le pouvoir de se mettre dans la peau de l’autre.

Comme l’école est l’endroit où se construit l’avenir à court, moyen et long termes, le plan d’action implique aussi une recherche de collaboration avec la communauté. On pourra donc suivre, au cours des six prochains mois, les fruits obtenus grâce aux efforts qui seront déployés dans une école de chez nous où tous les intervenants, parents et enseignants, ont pris la décision d’agir ensemble pour prévenir.

Le plan d’action confère aux parents un rôle de premier plan.

Quels sont les principales étapes du plan ?

Le plan a déjà été présenté au personnel de l’école lors de la journée pédagogique du 3 novembre 2008 par M. Jacques Brodeur, un enseignant d’éducation physique à la retraite qui possède 30 années d’expérience dans l’enseignement et qui a créé le programme de prévention Edupax en 2001.

Les 10, 11 et 12 novembre derniers, M. Jacques Brodeur a animé deux ateliers auprès des élèves de l’école.

Lors de la soirée du 12, une conférence a été présentée aux parents par M. Brodeur. À l’issue de cette dernière, les parents ont voté en faveur de l’implantation du plan d’action qui mènera les enfants à la réussite d’un exploit exceptionnel prévu pour la fin d’avril, un exploit difficile au point de nécessiter plusieurs mois de préparation.

La dernière phase du plan d’action sera consacrée à l’évaluation des résultats. Dans le cadre du plan d’action, M. Brodeur rencontrera les parents à deux autres reprises : soit les 28 janvier et 25 mars 2009.

Les ateliers aux élèves portaient sur quoi ?

Les petits de maternelle, première, deuxième et troisième années ont reçu quatre conseils pour développer leur bravoure. Pour prévenir la violence, on a besoin d’élèves braves. On ne naît pas brave, on le devient. Pour devenir brave, il y a des exercices à pratiquer.

- Raconter notre peine, notre mal et notre peur à quelqu’un au lieu de les cacher ou de les laisser durcir.

- Consoler, chaque fois qu’on le peut, une personne qui a de la peine, de la douleur ou de la peur.

- Savoir quoi dire lorsque quelqu’un fait mal, fait peur ou se moque de moi ou d’un autre. « Aïe, ce que tu fais, ça fait mal (ou ça fait de la peine), c’est assez ! »

- Cliquer la télécommande lorsque la peur veut entrer dans ma tête. Plusieurs émissions ou films contiennent des scènes terrifiantes qui causent, tôt ou tard, des cauchemars et finissent par désensibiliser les enfants.

Et pour ceux de quatrième, cinquième et sixième année ?

Quant aux plus grands, ils ont appris le nom de la bactérie (ecoli) qui a rendu malades et tué 7 personnes à Walkerton, il y a quelques années.

Ils ont aussi reconnu trois bactéries qui entrent dans leur foyer, véhiculées par des émissions de télé, des films, des jeux vidéo et l’ordinateur : violence verbale (VV), violence physique (VP) et peur (Pr). Tous les enfants ont pu nommer les productions qui véhiculent ces bactéries qui entrent par les yeux et les oreilles pour aller se loger dans le cerveau. À la longue, ces bactéries s’accumulent et finissent par influencer le langage, le comportement et la santé.

Certains enfants et adolescents qui en consomment beaucoup finissent par penser qu’ils peuvent agir et parler violemment, même lorsque cela fait souffrir leur entourage. On sait déjà que la télévision comporte 12 minutes de publicité par heure et que cette publicité influence l’habillement, l’alimentation, l’obésité, l’estime de soi, la qualité de vie, la conduite automobile, la sexualisation précoce, la vision du monde et de la vie, etc. On ne doit donc pas se surprendre que les enfants soient affectés à la fois par le contenu des émissions et par les annonces publicitaires.

Les enfants n’ont eu aucune difficulté à nommer des productions qui contiennent le plus de bactéries. Ils ont également déjà vu ou entendu des élèves imiter ce qu’ils ont appris à la télévision. Les élèves les plus vieux ont ainsi pu améliorer leur sens critique face aux messages entendus dans l’autobus, dans la cour de récréation et les méchancetés lues dans Internet. La compétence du sens critique est fondamentale dans l’acquisition de la liberté d’expression et du sens des responsabilités des jeunes face à la violence qui les entoure.

Quelles sont les prochaines étapes ?

À la suite des ateliers tenus en novembre, les élèves se verront proposer par leur titulaire des exercices pour aiguiser leur sens critique et leur capacité d’expression.

Lorsqu’ils apporteront des travaux à la maison, ce sera au tour des parents de porter attention aux messages de l’enfant. Ces derniers peuvent énumérer les mots blessants les plus fréquemment utilisés autour d’eux. Le personnel de l’école va tenter de faire diminuer cette violence verbale car c’est elle qui fournit le terreau ou fleurissent les disputes, les commérages cruels et les bagarres. La violence verbale, même juste pour rire, blesse réellement et profondément les victimes. Personne ne devrait se laisser violenter verbalement dans notre école, pas plus que physiquement. Personne n’a le droit de violenter les autres. Les insultes et les moqueries humiliantes n’ont pas leur place à l’école.

Voilà pourquoi il importe d’enseigner la bravoure aux enfants.

La violence est-elle en progression ? A-t’elle changé de forme

Lors de la conférence aux parents du 12 novembre, M. Brodeur a expliqué que le nombre de jeunes aux prises avec des troubles de comportement a triplé entre 1985 et 2000. La violence verbale a augmenté, la violence physique aussi. Cette augmentation s’est produite dans toute l’Amérique du Nord, dans les familles riches et les quartiers pauvres, dans les écoles privées et les écoles publiques, dans les villes et dans les campagnes.

Étant donné que l’enfant d’aujourd’hui aura à vivre toute sa vie avec des personnes de son groupe d’âge, il a besoin de conseils et d’entraînement, d’où la raison d’être du plan d’action proposé.

Merci Mme Cournoyer !



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